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Louer son appartement à une société à Paris : bail entreprise ou bail salarié ?

7 min de lecture Par l'équipe Belvie

Une entreprise cherche un logement pour un collaborateur et propose de signer le bail à son nom. Pour le propriétaire, c'est tentant : un locataire solvable, un interlocuteur professionnel. Mais ce choix change le cadre juridique du contrat. Voici ce qu'il faut savoir avant de dire oui.

Les entreprises proposent souvent cette formule pour une raison simple : elles paient directement le loyer, évitent au salarié d'avancer des fonds et gardent la main sur la durée du séjour.

Pourquoi le bail change selon celui qui signe

La loi du 6 juillet 1989 s'applique aux locations de locaux d'habitation qui constituent la résidence principale du locataire, c'est-à-dire occupés au moins huit mois par an (article 2). Les logements meublés relèvent d'un titre à part, et le bail mobilité d'un autre.

Une société ne « réside » pas : l'ADIL de Paris range la location à une personne morale parmi les cas où le bail relève du Code civil, comme la résidence secondaire ou le logement de fonction.

Bail Code civil ou loi de 1989 : les différences

Bail Code civilLoi de 1989
DuréeLibrement négociée3 à 6 ans (vide), 1 an (meublé)
PréavisFixé librement dans le contratEncadré : 3 à 6 mois pour le bailleur, 1 à 3 mois pour le locataire
Révision du loyerFixée librement dans le bailIndexation annuelle sur l'IRL
Dépôt de garantiePas de plafond légalPlafonné (1 à 2 mois de loyer selon le bail)

Synthèse de l'ADIL de Paris (juillet 2026) ; vérifiez votre situation.

Cette liberté est réelle, mais surveillée. L'ADIL met en garde : utiliser un bail Code civil pour contourner la loi de 1989 expose à une requalification judiciaire, avec restitution de loyers ou de dépôts excessifs et dommages-intérêts. Un bail au nom de la société doit correspondre à une situation réelle (société locataire, occupant désigné), pas servir d'habillage.

Le salarié en mission : le bail mobilité

Si c'est le salarié qui signe, le bail mobilité est conçu pour ce cas. Selon l'ANIL, il s'adresse notamment aux personnes en mutation professionnelle ou en mission temporaire : de 1 à 10 mois, ni renouvelable ni reconductible, sans dépôt de garantie. Le bailleur peut en revanche demander un cautionnement, par exemple via la garantie Visale. Nous le détaillons dans notre guide du bail mobilité à Paris.

Cas pratique. Une société loge un consultant pendant huit mois. Trois montages sont possibles : un bail mobilité au nom du consultant (huit mois entrent dans la fourchette de 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie), un bail meublé classique au nom du consultant (un an en principe), ou un bail au nom de la société, qui relève du Code civil et dont la durée et les conditions se négocient. Le premier est le plus cadré, le dernier le plus souple, et celui qui demande le plus de vigilance à la rédaction.

Cinq points à vérifier côté propriétaire

  1. Qui est le locataire ? Le nom sur le bail, celui qui paie le loyer et celui qui souscrit l'assurance doivent être clairs.
  2. La solvabilité de la société. Demandez un extrait Kbis et les derniers comptes : une société ne présente pas les mêmes pièces qu'un candidat salarié.
  3. Les occupants. Faites-les figurer nommément, et prévoyez qu'un changement d'occupant nécessite votre accord écrit.
  4. L'assurance et l'état des lieux. Exigez une attestation d'assurance et un état des lieux d'entrée et de sortie détaillé — voir notre guide de l'état des lieux meublé.
  5. La sortie. Prévoyez la durée et les conditions si la mission s'arrête avant le terme prévu.

Plutôt que de négocier un bail avec chaque entreprise, vous pouvez signer un seul bail avec Belvie. Nous devenons votre unique locataire, avec un loyer fixe et garanti chaque mois. C'est ensuite nous qui logeons des collaborateurs d'entreprises, avec une facture à la société et un seul interlocuteur — voir notre page entreprises.

Et la location à l'entreprise à la semaine ?

Louer à la journée ou à la semaine soulève d'autres questions (changement d'usage, copropriété, fiscalité) que nous traitons à part dans louer à une entreprise à la semaine : ce que dit la loi. Pour la sous-location, voyez aussi sous-location professionnelle : opportunité ou piège ?

À retenir

  1. Une société n'a pas de résidence principale : selon l'ADIL de Paris, sa location relève du Code civil et non de la loi de 1989.
  2. Le Code civil laisse plus de liberté (durée, préavis, révision, dépôt), mais un contournement de la loi de 1989 peut être requalifié.
  3. Pour un salarié en mission, le bail mobilité (1 à 10 mois, sans dépôt de garantie) existe précisément pour ce cas.
  4. Vérifiez la solvabilité, les occupants et la sortie avant de signer avec une société.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un conseil juridique. La qualification d'un bail dépend des faits ; avant de signer avec une société, faites relire le contrat par un professionnel du droit ou rapprochez-vous de votre ADIL.

Sources officielles

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